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Place du coaching orienté solution dans le processus def resilience

12 avril 2024 08:31
Place du coaching orienté solution dans le processus def resilience

Stress et coping
L’annonce de la maladie et la traversée des traitements peuvent être considérés au sens psychologique du terme comme un stress.
En effet le stress a été défini comme une « transaction particulière entre les un individu et une situation dans laquelle celle-ci est évaluée comme débordant ses ressources et pouvant mettre en danger son bien être » par Lazarus et Folkman,( 1984b,p19). Chacun définira ainsi ce qui est pour lui « un stress », les événements de la vie n’ayant pas tous le même impact sur les individus.

L’annonce du cancer, les traitements qui l’accompagnent sont en soi des stress mais la reprise du travail en est aussi en être un, pour 30% des actifs atteints par la maladie d’après la Ligue contre le cancer.
Ce n’est pas leur intensité ni la gravité « objective » qui sont stressantes en soi, mais leur retentissement émotionnel et leur signification pour un individu en particulier.

L’approche transactionnelle de la notion de stress développée et clarifiée par Lazarus et Folkman (1984b) a été une étape préalable indispensable pour élucider d’autres concepts comme celui du coping.
Nous choisissons ici de nous attacher uniquement au phénomène du coping qui aura un impact direct sur le Coaching Orienté Solution; le concept de défense est volontairement passé sous silence puisqu’il est automatique, inconscient et ne procède donc pas à un acte volontaire de l’individu.

Le mot « coping » (de l’anglais To Cope : faire face) est apparu pour la première fois dans un ouvrage de Richard Lazarus « Psychological Stress and Coping Process » (1966) pour désigner un ensemble de réactions et de stratégies élaborées par les individus pour faire face à des situations stressantes. Lazarus et Folkman définissent le coping comme « l’ensemble des efforts cognitifs et comportementaux, constamment changeants,(déployés) pour gérer des exigences spécifiques internes et/ou externes qui sont évaluées (par la personne) comme consommant ou excédant ses ressources ».
Il s’agit bien ici d’une conception transactionnelle du stress et du coping qui ne sont ni des caractéristiques de la situation, ni des caractéristiques des individus, mais des processus impliquant des actions réciproques entre sujet et environnement (l’individu pouvant modifier -et être modifié par-la situation).
Il s’agit de stratégies élaborées pour tenter de maîtriser le problème et/ou pour réduire la détresse induite par ces situations. Il existe deux types de stratégie : le coping centré sur le problème et le coping centré sur l’émotion. Le coping centré sur le problème comprend deux facteurs plus petits , la résolution du problème (recherche d’informations, élaboration de plans d’action) et l’affrontement (efforts et actions directs pour modifier le problème).

Ces stratégies de coping font appel aux ressources du coaché. Dans le cadre du Coaching Orienté solution, nous essayerons par le questionnement d’aider le coaché a identifier les stratégies de coping positives, porteuses de ressources mobilisables.
Si nous revenons à notre sujet, la personne coachée que nous accompagnons a subit un traumatisme (Stress), son cancer , elle a mis en place des stratégies de coping qui lui ont permis de « tenir le coup » et de passer ce cap. Elle va pouvoir reprendre une vie « normale » . Elle est désormais dans une phase post traumatique, Elle peut entamer sa phase de résilience.

LE CONCEPT DE RÉSILIENCE
Le terme « résilience » a été emprunté aux sciences physiques. A l’origine, la résilience est la capacité d’un métal à résister aux pressions et à reprendre sa structure initiale après avoir été déformé. En psychologie, on appelle « résilience » la capacité à vivre, à réussir, à se développer en dépit de l’adversité. « La résilience est la capacité d’une personne ou d’un groupe à se développer bien, à continuer à se projeter dans l’avenir en dépit d’évènements déstabilisants, de conditions de vie difficiles, de traumatismes parfois sévères » (M. Manciaux et coll., 2001, p17).

Le concept a été découvert en 1982 par Emmy Werner. Cette psychologue américaine a suivi à Hawaï 700 enfants sans famille, sans école, vivant dans la rue et victimes d’agressions physiques ou sexuelles. Trente ans plus tard, la plupart d’entre eux étaient devenus des adultes détruits psychiquement. Cependant, 28% avaient réussis à apprendre un métier, fonder une famille, et ne souffraient pas de troubles psychiques majeurs. Elle en conclut que certains enfants avaient une capacité particulière à surmonter les traumatismes de la vie pour s’en sortir, et appela ces enfants des «résilients ».

En France, c’est Boris Cyrulnik, psychiatre, neurologue et éthologue , né à Bordeaux en 1937, qui va développer le concept et surtout le faire connaître du grand public. Pour lui, la résilience est un véritable « antidestin ». Boris Cyrulnik pense que les pires épreuves sont surmontables, que la guérison est toujours possible, et que nul n’est condamné au malheur. La résilience est pour lui « ce processus complexe par lequel les blessés de la vie peuvent déjouer tous les pronostics ».La résilience consiste donc à continuer à se développer après un traumatisme, mais différemment.
Selon le neuropsychiatre, la poursuite de l’évolution ne sera néanmoins pas dans l’exact prolongement d’avant l’atteinte traumatique. Prenons l'exemple d’un incendie : la faune et la flore sont détruites et pourtant quelques mois ou années après, la nature reprend ses droits, la végétation repousse, la faune revient, mais différemment, avec d'autres espèces. C’est tout un écosystème qui va se remettre en place.
Cette nouvelle organisation n'est pas forcément plus forte que l'ancienne, ni plus fragile, elle est juste différente.
Pour un être vivant, a fortiori un être humain, le mécanisme est le même et prend diverses formes. Il est systémique. La majorité des spécialistes de la résilience s’accorde pour affirmer que la résilience correspond à un processus dynamique et évolutif qui inclut une démarche adaptative pour le maintien de l’intégrité psychique, malgré l’exposition à des contextes difficiles.
Ce processus fait référence à la capacité humaine à se confronter, intégrer et être transformé par des expériences adverses ou des événements de vie négatifs, sans perturbations comportementales ni troubles psychiques majeurs. Ainsi, la résilience désigne l’art de s’adapter aux situations adverses, c’est à dire à des conditions sociopsychologiques défavorables ou pathogènes, en montrant des capacités qui mettent en jeu des ressources internes (caractéristiques intra psychiques, cognitives et sociales) et externe (liens et supports de l’environnement affectif et social).
La résilience est donc à concevoir comme un processus multifactoriel qui s’étaye sur des ressources individuelles ( coping, recherche de sens, sociabilité); sur des soutiens affectifs (familiaux, amicaux, amoureux) et sur des conditions externes favorables (soutien des pairs, des communautés sociales d’appartenance,…). Ainsi , un individu n’est pas résilient tout seul, mais dans un contexte socio-affectif, avec des soutiens familiaux et extra-familiaux (la Coach peut en faire partie) qui peuvent étayer ou suppléer ses ressources propres et ses modes de défense. Les ressources endogènes et exogènes tissent des interactions complexes pour aboutir à des formes de résiliences singulières, propre à chaque individu.

 

LE COACHING ORIENTÉ SOLUTION
En décidant d’entreprendre une démarche de Coaching Orienté Solution pour préparer son retour au travail, le coaché tisse de nouvelles interactions, un nouveau système dans lequel le coach devient « tuteur de résilience » (Jacques Lecomte). « L’orientation de travail du coaching orienté solution est de nature systémique . L’hypothèse fondamentale est que les interactions qu’établissent et vivent les personnes coachées sont la source de leur difficulté mais contiennent aussi les clés des changements qu’elles veulent obtenir » (Philippe Bigot). Sa nature systémique , lui donne toute sa place dans le processus de résilience du coaché. En effet le coaché, dans sa phase post traumatique, a mis en place de nouvelles ressources qui seront pour nous des leviers pour déclencher et générer les changements attendus .Nous nous appliquerons à travailler bien sûr la relation que la personne entretien avec elle-même, avec son environnement de travail, avec son objectif de coaching et bien sûr avec son espace problème. Dans le contexte de la reprise du travail, la particularité c’est que le travail de la personne n’a pas changé, son poste est le même, ses collègues sont en général les mêmes, mais le changement majeur est la relation au travail, les valeurs et les priorités du coaché.

Le récit du traumatisme traversé et les stratégies de coping mises en place nous permettrons de faire émerger de nouvelles ressources sur lesquelles nous appuyer pour atteindre l’objectif du coaching. « A partir d’une description précise du contexte et grâce à cette stratégie de coping, le coach pourra aider la personne à identifier les processus d’évaluation mobilisés et à orienter son questionnement vers les ressources rendues présentes par la stratégie de coping » Philippe Bigot Ce cheminement est en lui-même « solutionniste », dans la mesure où il va permettre à la personne coachée de mobiliser ses points forts, ses capacités et ses qualités. Elle a de part son traumatisme développé de nouvelles compétences dont elle n’est pas conscience ou dont elle n’imagine pas pouvoir se servir dans un autre contexte que celui de la maladie.Elle n’a plus la même relation au travail car ses priorités ont changées mais une nouvelle relation s’est mise en place. Par notre questionnement nous aiderons le coaché a mieux connaitre cette nouvelle relation, à se l’approprier pour pouvoir, grâce à ses ressources reprendre le chemin du travail en toute sérénité; un changement de regard sur les situations et des techniques de questionnement respectant l’histoire et le récit de la personne pourront créer les conditions du changement.

 

CONCLUSION
Avec la maladie, l’ordre des priorités a changé. Ce qui paraissait si essentiel hier n’est plus qu’important, la maladie remet les choses à leur juste place. Comme le disait Confucius : « On a deux vies et la deuxième commence le jour où on se rend compte qu’on en a qu’une ». Commencer sa deuxième vie professionnelle peut être une sources d’angoisse , à nous de le transformer par notre questionnement en espoir pour le coaché. Le Coaching Orienté solution me parait une étape importante pour mettre ses idées au clair et commencer cette nouvelle vie sur des bases solides.Il peut ainsi s’inscrire dans le processus de résilience du coaché. L’ épreuve de la maladie a révélé des ressources insoupçonnées chez le coaché sur lesquelles le Coaching Orienté solution pourra s’appuyer. Les questions sur les habiletés de coping seront primordiales. Elles permettront au coaché de reprendre confiance, de retrouver confiance en soi et de se sentir plus fort pour reprendre le travail. Boris Cyrulnik dit souvent « La résilience parle d’espoir », nous accompagnerons notre client pour que sa reprise du travail soit source d’espoir en l’avenir. Par sa déontologie, son attitude positive, son écoute emphatique et son absence de jugement , le coach orienté solution a la posture du tuteur de résilience.